####Je prends mon sac à main et en ressort lentement l'enveloppe et les deux feuilles de papier. Je prends délicatement la lettre que je déplis et lis. Maman aurait demander un test de paternité il y a 8 ans. Surement pendant le divorce d'avec mon père, si je peux appeler ça comme ça. Mais pour quoi faire ? Surement pour essayer de trouver une faille supplémentaire pour le divorce et qu'il n'ai aucun droit sur moi.
####Mais si elle a fait un tel test ça veut dire qu'elle n'était même pas sûre de l'identité de mon père et que j'ai vécu dans une certaine ignorance depuis toute petite. Les résultats sont sous mes yeux et je ne peux le croire. Cet homme ? Comment serait-ce possible ? Je ne détache pas mes yeux de cette feuille et reste songeuse un bon moment.
Marine : [d'une voix endormie] C'est quoi cette feuille ?
####Je tourne la tête et la voit fixer la lettre. Je la replis rapidement et la fourre de nouveau dans mon sac d'un geste rapide.
Moi : C'est ... C'est rien du tout.
Marine : Ok.
Moi : Hum ... Dis-moi ...
Marine : Oui ?
Moi : Tu veux aller où quand on sera arriver ?
Marine : Ben ... Y'a un endroit que je sais qu'il aimait plus que tout. Un petit parc. J'vais aller y déposer quelques cendres.
Moi : Ah ok. Et le reste ?
Marine : On va commencer par aller en Ecosse. Là où sont décédés mes parents dans l'accident. Il est enfin près d'eux, autant qu'il le soit sur Terre aussi.
Moi : Ca a l'air d'aller un peu mieux toi.
Marine : Non, pas du tout mais je commence à me dire qu'il est parti et qu'il ne reviendra pas. Mais il n'empêche que quelque chose de très important a disparu en moi et j'ai un grand vide dans mon coeur. Il me manque quelque chose.
Moi : Je vois.
Marine : Tu m'accompagnes en Ecosse hein ?
Moi : Oui bien sûr.
Marine : Par contre, j'préférerais être seule quand j'irai au parc.
Moi : Comme tu veux, t'inquiète pas, je comprends très bien.
####Je lui fait un bisou sur le front et berce sa tête toujours posée sur mon épaule. On nous annonce que nous allons atterir. Seulement une heure trente de voyage depuis Berlin et nous sommes déjà arrivées. Nous débarquons au grand aéroport de Londres. Nous récupérons nos valises et prenons un taxi qui nous emmène à la gare. Pas de temps à perdre. Il faut aller jusqu'en Ecosse, après revenir à Londres et repartir en Allemagne. L'anniversaire des jumeaux est dans 5 jours, je veux être rentrée à temps.
####Je paye les billets aller-retour. Nous montons lorsque le train arrive environ une heure plus tard. Après avoir trouver nos places, nous nous installons, rangeons les valises et Marine se rendort presque immédiatement dans son fauteuil, sa main dans la mienne. Elle n'a pas dormit de toute la nuit dernière, faisant un cauchemard à chaque seconde. Je m'endors peu après elle.
####Il est à présent 19h30 passé et nous arrivons à la gare de Glasgow. Nous descendons du train, prenons un nouveau taxi qui nous emmène à un hôtel pas très couteux mais parfait pour une simple nuit. Je prends une chambre double vu qu'il ne reste plus que ça. Avec Marine nous montons et nous installons rapidement. Nous nous couchons peu après. Je m'endors presque immédiatement, un peu comme Marine.
####Nous nous réveillons vers 9h. Une longue journée nous attend. Nous nous levons et nous préparons. On descend au rez-de-chaussée, prendre le petit déjeuner au restaurant de l'hôtel. Une fois prêtes, nous prenons nos valises, on appelle un taxi et nous partons à l'endroit où les parents de Marine ont eu leur accident. La voiture s'arrête sur le bord de la route. Marine descend seule de la voiture, son urne sous le bras et avance vers le vide qui se fait à flanc de montagne. Elle ouvre l'objet doucement, avec respect puis en déverse une grande part dans le vide, une larme sur sa joue.
####Tout en prenant son temps, elle revient vers la voiture et ne parle pas. Je demande au taxi de redémarrer. Il nous ramène à Glasgow où nous prenons de nouveau le train aux environs de midi qui nous ramène vers Londres. Un sandwich dans la main, je me régale. J'avais tellement faim. Avec Marine nous discutons pas mal. On se remémore nos souvenire d'enfance.
####Je recommence à l'appeler Durex et elle Manix. On s'était appeler comme ça quand on avait dans les 9 ans. On était tombé sur une boîte de préservatif avec la marque Durex je ne sais plus où. Et j'ai trouvé une autre boîte un autre jour de la marque Manix. C'est resté depuis. Même si Marine ne rigole pas, ce qui me paraît normale, elle semble plus légère.
####Elle m'explique qu'elle sent un poids en moins en elle. Martin s'est libéré de sa prison et elle l'aide à s'en aller en partageant ses cendres dans les coins qui étaient les plus chers à son coeur. Les larmes eux yeux, elle me regarde avec un sourire timide accroché à ses lèvres. Nous arrivons enfin à la gare de Londres. Nous descendons du train, prenons un nouveau taxi qui nous emmène vers l'hôtel où j'avais réservé des chambres la veille.
####Nous arrivons à l'hôtel et il est déjà 15h30 passé. Marine veut aller au parc. Elle veut finir aujourd'hui pour rentrer à la maison par la suite. Et puis elle veut aussi aller faire une visite à ses grands-parents pour leur annoncer la nouvelle. Ils ne sont peut-être pas au courant. Elle se prépare, prend l'urne avec elle, se tourne vers moi et m'annonce qu'elle y va.
Marine : J'vais revenir que ce soir je pense, ou peut-être en milieu de soirée, ils voudront que je leur raconte et puis on va rattraper un peu le temps où on s'est pas vus.
Moi : Oui, t'inquiète pas, je t'attendrais ici.
Marine : Tu vas restée enfermée toute l'après-midi ?
Moi : Non. J'vais ... aller faire du shopping.
Marine : Ok, on se retrouve ce soir alors.
####Je lui fais un gros bisou sur la joue puis elle s'en va. Je prends mon sac à main, en ressort cette lettre qui m'a tellement choquée. Je le regarde attentivement. Il y a quelqu'un que je dois voir. Ici à Londres. Mais je ne veux pas que Marine en entende parler. Je ne veux que personne ne le sache. Je prends ma veste, descends au rez-de-chaussée, prends un taxi et indique l'adresse à laquelle je veux me rendre.
####Après une petite heure de route, je descends de voiture, laisse le taxi repartir et observe ce grand batîment qui se tient juste devant moi. Sur trois étages, des barreaux à certaines fenêtres, les murs légèrements délabrés. Je m'avance vers l'entrée d'un pas tremblant. Je vois l'accueil, une secrétaire est postée à son bureau. Je m'avance vers elle, elle lève la tête à mon arrivée.
Moi : Bonjour. Je voudrais rendre visite à Mr. Lewis.
Secrétaire : Heum. [regardant un cahier] Oui, il est autorisé à recevoir des visites. Je vais vous annoncer.
Moi : Euh non. [réfléchissant vite] Je ... je voudrais lui faire une ... surprise. Si vous pouviez juste dire qu'il a une visite...
Secrétaire : Heum oui d'accord. Je vais leur dire ça. Si vous voulez bien suivre le gardien qui se trouve près de cette porte, il va vous conduire au parloir.
####Je me tourne vers la porte au fond de la salle, un homme est posté à côté. Je m'avance, il sort une carte magnétique de sa poche et ouvre la porte. Je le suis dans le couloir qui se trouve derrière cette porte. J'entre dans une salle assez grande. C'est un parloir comme dans une prison. Des petits boxe avec une vitre en PVC qui sépare l'espace en deux. Un téléphone de chaque côté de cette barrière pour mettre en relation les deux personnes.
####Une porte s'ouvre en face de moi, de l'autre côté de la vitre. Il entre. Il ne peut cacher sa surprise. Il m'a tout de suite reconnue. Malgré le fait que cela fait 8 ans que je ne l'ai pas vu, je ressemble énormément à ma mère. Ca aide. Après s'être remis de sa surprise, il s'asseoit dans le box face à lui. Je m'avance et m'asseois à mon tour. Il prend le téléphone à côté de lui et colle le combiné à son oreille. J'hésite puis fait de même.
... : Sisi, ça fait tellement longtemps je ...
Moi : [un regard haineux] Ne m'apelle pas comme ça. T'as pas le droit.
... : [penaud] Désolé.
Moi : Tes excuses ne changeront rien.
... : Je m'en doute.
####Un silence s'installe. Il me regarde, cherchant à savoir pourquoi je suis venue le voir alors que tout ce dont j'ai envie c'est de vomir rien qu'en voyant son visage et de partir en courant. De mon côté je le regarde avec tellement de haine. Si les regards pouvaient tués, ça fait plus de cinq minutes qu'il serait transpercé de part en part.
... : Pourquoi tu es venue ?
Moi : Je voulais voir ton visage une dernière fois dans toute ma vie.
... : Je ... Enfin ... Je ne comprends pas.
Moi : Je passe à autre chose. Je tourne la page. Mais je ne pardonne pas. Je ne te pardonnerais pas.
... : J'te comprends.
Moi : NON ! Tu peux pas comprendre. C'est impossible pour toi de comprendre quoi que ce soit. Pas après c'que tu m'as fait.
... : Je sais.
Moi : NON Tu ne sais pas !!!
... : Je ne sais pas mais je veux bien te croire. Si tu es là c'est aussi parce que tu as reçu ma lettre n'est-ce pas ?
Moi : Oui. Je l'ai lu.
Tom (mon oncle, j'pense que vous aviez deviné depuis le temps >_<) : Et ?
Moi : Et quoi ?
Tom : T'en a pensé quoi ?
Moi : J'en ai parlé à maman.
Tom : [beaucoup plus intéressé] Et alors ?
Moi : Elle m'a dit de passer à autre chose, de tracer un trait sur le passé.
Tom : Ah. Ca se passe bien pour elle ?
Moi : Très bien. Aujourd'hui je suis très heureuse. J'ai réappris à vivre. Parce que tu m'avais tué de l'intérieur. Aujourd'hui j'ai un beau père qui est comme mon père, j'ai un demi frère qui est comme mon frère, j'ai des nouveaux amis et ...
Tom : Et ?
Moi : [d'un ton assuré] Et bientôt un petit-ami.
Tom : Je vois.
Moi : Ce garçon ... et bien il m'a réappris à vivre. Ô évidemment, j'en avais marre d'être une pauvre loque donc j'ai décidé d'avancer. De rayer mon passé. De déchirer les pages raturées. Inconsciemment, il m'a aidé a me relevé. Mes amis aussi. Ils ont tous été présents. Ils ... Ils savent tous ce que tu ... tu m'as fait. Ils m'ont soutenu. Ils m'ont aidé. Et maintenant je me suis relevée et je ne tomberais pas avant un bon moment tu peux me croire.
Tom : Ca va surement te paraître bizarre mais je suis content de voir que tu vas mieux.
Moi : Oui, j'avoue que c'est bizarre. Mais pour moi ça ne change rien. Tu fais parti de mon passé. Et dans mes souvenirs tu veux que je te dise ?
Tom : Oui ?
Moi : T'es mort. T'existe plus. Et ça restera comme ça pour toujours à présent.
Tom : Je ne t'en voudrai pas.
Moi : T'as surtout pas intérêt à m'en vouloir pour ça.
Tom : Je [baissant la tête] Oui.
Moi : En faite si je suis venue c'est aussi pour une autre raison.
Tom : C'est-à-dire ?
Moi : Bon déjà je peux t'annoncer que si je suis en Angleterre c'est que je suis rentrée avec Marine car Martin s'est ... il s'est suicidé et ... et il a demandé à être en Angleterre pour son éternité.
Tom : [une larme coule sur sa joue] Ah je vois.
Moi : Enfin bon à part ça, en partant, j'ai reçu un courrier. Un courrier assez troublant. Et je tenais à t'en parler.
####Je prends mon sac à main, mes mains tremblent plus que jamais. Mais je ne veux pas qu'il le voit. Je pensais trouver un vieux porc pervers et en faite j'ai trouvé un homme qui a foutu sa vie en l'air. Mais je ne me sens pas coupable de ce que je vais faire. Je vais lui donner le coup de grâce. Après ce qu'il m'a fait, je ne vois pas pourquoi j'aurai pitié de lui. Surtout de lui. Maintenant que je sais ... Mon sac à main sur les genoux. Je prends la fameuse lettre que j'ai reçu à la maison. Je la prends dans mes mains. Lui me regarde avec intérêt et se demande ce que je vais bien pouvoir lui montrer.
Moi : Je voudrais juste que tu te rendes compte à quel point ce que tu as fait est grave. Je veux que tu payes.
Tom : Si tu crois que je le paye pas assez aujourd'hui ...
Moi : Pas assez à mon goût. [des larmes de rage dans les yeux] Pas avec ce que je sais de plus aujourd'hui.
Tom : Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
Moi : Ce qu'il se passe ? Tu veux savoir ?
####Sans attendre sa réponse, je colle la feuille qui était dans l'enveloppe sur la vitre qui nous sépare. Il ne comprend pas puis tourne les yeux vers la feuille et je vois qu'il commence à lire. Plus il avance dans sa lecture, plus ses yeux s'agrandissent. Des larmes apparaissent dans ses yeux alors que les miennes coulent déjà.
Moi : [d'un ton haineux] Maman n'est pas au courant. Et je ne veux pas qu'elle l'aprenne un jour. Tu lui as fait assez de mal pour sa vie entière ainsi que celles qui suivront. Je te pardonnerais jamais et j'pense que tu peux mieux comprendre. Oui, tu vas me dire que tu savais pas. Mais de toute façon le résultat est le même. J'te déteste, tu me donnes envie de vomir dès que j'te vois. J'voudrais qu'il n'y ai pas cette vitre pour que je puisse te faire ressentir toute la douleur que j'ai enduré par ta faute. Je voudrais que tu subisses les pires horreurs. Je voudrais presque te voir mourir. Mais là, tout de suite, tu me fais juste pitié. Et j'ai honte. Tellement honte pour toi. Je n'ai aucune raison pourtant. Mais faire partie de cette famille me suffit pour. Tout ce qu'il me reste à te dire c'est adieu mon oncle. Ou plutôt ... papa.
####Je décolle la feuille, me relève brusquement et sors du parloir, les larmes coulant sur mes joues et lui me criant d'attendre. Mais je ne veux pas. Je cours, je sors de cet hôpital où je veux qu'il reste pour toujours. Je monte dans un taxi et donne l'adresse de l'hôtel. Ma tête contre la vitre, je pleure. Je pleure les dernières larmes que je verserais pas sa faute. Les dernières de toute ma vie pour lui.
Mesdames et messieurs, nous venons de traverser
une zone de turbulence avec succès !!!
Laissons place à présent au beau temps après la pluie =P !!!
J'espère que che chap' vous aura plu !!!
Le prochain j'suis sûre que oui =D !!!
Bisouxxx tout plein !!!
Merci pour tous vos coumz !!!
Je vous aimeuh trop c'est incroyable *o* !!!
Anaïs.
Le 4800ème coumz est mit !!! Merci !!!
Le 4900ème coumz est mit !!! Merci !!!
4 coumz pour être prévenu de la suite !!!
S'tu veux aller me noter ...
=D !!!
Juste parce que j'me marre à chaque fois que j'la regarde !!!
Juste parce qu'on y comprend rien !!!
Juste parce que ça m'donne des papillons dans le ventre !!!
Juste parce que j'aime.